24 juillet 2007
Why ?
Pourquoi ?
Pourquoi est-ce que je ne suis pas frappée par la foudre, la maladie, la mort ?
Pourquoi est-ce que je n'y arrive pas ?
Pourquoi est-ce que je demeure vide ? Sans but ? Sans rien ?
A quoi, à qui cela sert-il ?
Je n'apporte rien à personne alors pourquoi continuer ?
02 juillet 2007
La leçon
Je tente de le tuer mais il survit encore et toujours. Je tente de l'ignorer, de l'étouffer, de l'affamer ... il me rattrape toujours, me colle à la peau, au coeur et à l'âme. Il est là, bien enraciné à l'intérieur de moi. J'essaie de me dire que ce n'est pas de l'amour. Je connais tous les arguments pour m'en convaincre ... je me les répète comme quand on tente d'apprendre une leçon. Mais je suis une mauvaise élève: tout en moi se rebiffe et se rebelle à cette idée. La leçon ne s'intègre pas. Et puis, que sait-on au fond de l'amour ? Il y a tellement de gens qui se disent amoureux et qui finalement ne le sont pas bien longtemps ! Qui découvrent par la suite qu'il s'agit de dépendance ou de tout autre chose; qu'il s'agit en fait d'une erreur ...
06 avril 2007
Je ne suis pas celle-là
Je ne suis pas celle-là
Celle dont vous rêvez tant
C'est vrai, j'ai certains talents
Mais je m'en veux, je vous ments
Moi je veux faire semblant
Etre une enfant
J'écris peut-être bien
Mais je ne suis pas écrivain
Je n'ai rien de sérieux
Je ne fait que mon mieux
Je veux m'amuser
M'inventer maintes destinées
Je veux faire semblant
D'être comme les grands
Je suis displinée, entêtée
Je vous permet de rêver
Je suis en tête de classe
Sage, je ne fais pas de casse
Mais je ne suis pas celle-là
Je ne réussirai pas ce contrat
Je ne veux pas de ce combat
Je ne suis pas celle-là
Moi tout ce que je veux c'est rêver
Désolée ...je ne guéri pas le passé
Je ne veux qu'exister
De honte, je pleure
Désolée, j'ai si peur
De vous voir partir
J'ai besoin de vous pour grandir
Tout ce que je veux c'est avoir droit à vos bras
A votre douceur, à un peu de bonheur
A une petite vie bien ordinaire
Rien de vraiment extraordinaire
D'exister juste pour moi
Sans devoir gagner ce droit
Mais voilà
Je suis perdue
Déjà mise à nue
Désolée d'être sources d'irritation
D'entraver votre quête de perfection
J'ai mal au coeur, au dos, au ventre
Des fois je voudrais me pendre
Moi je veux faire semblant
Etre une enfant
Je ne veux plus travailler
Jusqu'à la mort persévérer
Mais voilà tout cela j'ai oublié
Je persévère,
Je m'observe d'un oeil sévère
Je m'en demande plus,
Encore plus,
Toujours plus,
Mes mains, mes pieds ne ressentent plus rien
Mon coeur et mon ventre non plus faim
Je suis une marionnette, un pantin
Ne reste que ma tête pour me maudire
Que ma vie, qui ne veux plus rien dire
Comme l'écrit si bien Paul Piché, et le chante Thibert: "Prenez moi, prenez moi "
Merci à ces deux êtres de m'avoir inspiré l'écriture de ce texte par leur chanson "L'enfant prodige". L'écoute de celle-ci a déclenché en moi un véritable torrent d'émotions, de larmes puis de mots.
19 août 2006
Tout comme les vagues
Je m'agite, tempête puis me rappelle que je dois me calmer,
Je deviens furie, déchaînée, colère et violence,
mais la plupart du temps, je suis douceur et tranquillité,
Je me fracasse contre les rochers, soigne mes plaies puis recommence: c'est dans ma nature, une erreur de Dieu (s'il en existe un). Comment nommer autrement ce que je me sens être ? Comment nommer les tempêtes qui font rages à l'intérieur de ma tête, de mon coeur et de mon corps, qui sabotent tout ce que je tente péniblement de construire, qui sacagent le moindre projet que je pourrais envisager ? Et qui, inexorablement, ne peuvent s'empêcher de revenir, telles les marées qui balaient tout sur la plage même ce joli petit château de sable qu'un bambin a mis de longues heures à ériger. Elles n'ont aucune pitié, aucune conscience, aucun remord ... elles sont ainsi: destructrices et cruelles. Quand elles se retirent, elles nous laissent croire qu'elles abandonnent la lutte, qu'elles nous laisseront en paix ... mais c'est seulement pour nous laisser prendre quelques forces, pour ne pas nous tuer d'un seul coup, pour mieux nous torturer. Elles reviendront encore, encore et encore, encore une fois, tout anéantir.
13 juillet 2006
Accepter
Accepter de s'adapter à l'autre, de l'écouter, de le supporter, de ne pas le juger ... d'être tolérante sans rien attendre en retour.
Accepter de croire dans la bonne volonté des gens, dans leur honnêteté alors que vous commencez à vous rendre compte que ce n'est pas forcément le cas pour plusieurs.
Accepter de faire des compromis même si cela n'est pas forcément réciproque;
Accepter de perdre au profit de l'autre, par esprit éthique, par esprit de responsabilité;
Accepter qu'une partie des gens ne partagent pas le même système de valeurs que vous, la même éthique, la même morale, que pour certains, flouer son voisin est un moindre détail.
Accepter de faire passer ses besoins après ceux des autres même si parfois vous vous en arrivez à vous demandez qui est, finalement, le plus dans le besoin.
Accepter que ce ne soit pas toujours de bonheur que votre vie soit pavée ... en fait, accepter que pour un temps indéfini, la tristesse et la douleur, la peur et même parfois, la terreur et une angoisse profonde seront votre pain quotidien.
Accepter de n'être personne, qu'un outil, un instrument, qu'on utilisera pour arriver à ses fins, pour assouvir ses désirs.
Accepter que vos états d'âme ne soient pas les bienvenus, qu'il faut les camoufler derrière une fausse joie.
Accepter de sourire, de rire, de faire comme si la vie était belle alors que vous vivez dans les ténèbres.
Accepter de ne pas vous rebeller, d'éviter la chicane, d'éviter les remous alors que tout en vous s'insurge contre ce qui vous entoure, ce qui est dit.
Accepter de vous conformer à ce que l'on attend de vous: études, profession... puis découvrir, plusieurs années plus tard, que vous ne comprenez plus ce que vous faites là.
Accepter de disparaître tout en étant encore là pour les autres.
Je ne suis qu'un esprit, une volonté qui ne sert qu'à faire fonctionner un corps, comme une machine destinée à poser certaines actions pour servir les autres ... pour les faire se sentir mieux ... autrement, je m'évade de ce corps, il ne m'apartient pas, je n'y ai pas droit... Je ne peux même pas faire en sorte qu'il soit comme je le désire. Je n'ai que le droit de l'utiliser pour les fins des autres. Par pour moi-même. Je suis une âme sans corps, sans véritable foyer qui a l'impression d'errer sans fin.
03 juillet 2006
Celle ...
Je la connaissais, maintenant je la sens,
Celle qui te coupe le souffle, t'opprime la poitrine, t'empêche de respirer, te donne froid dans le dos;
Celle qui te donne mal au ventre, qui le tord de l'intérieur, le déchiquette en mille morceaux;
Celle qui te maintient sous tension, toujours prête à bondir ou à fuir, qui t'empêche de t'assoupir, de dormir, d'être enfin apaisée, insouciante, confiante, ouverte;
Celle qui te gruge de l'intérieur, parfois avec fracas, parfois de façon discrète, silencieuse, sournoise mais non moins vorace;
Celle qui t'oblige à te construire et à entretenir ta cuirasse, tes murs pour prévenir une invasion de l'ennemi et que ce dernier outrepasse tes remparts:
L A P E U R
02 juillet 2006
Blessures ...
Elles sont toujours là. Certaines, même, dont j'ignorais encore l'existence. Elles sont profondes et encore à vif, malgré tous les analgésiques, crèmes, pansements et antibiotiques que j'ai utilisés pour tenter de m'éloigner de la douleur qu'elles me causaient; de les guérir; de les camoufler; de m'empêcher de les voir; de les faire disparaître. Mais là, elles demeurent ... bien ancrées au plus profond de moi-même m'empêchant de m'enraciner dans ma vie, de maintenir intacte, les cordes qui me lient aux autres, d'accepter d'ouvrir une partie de mon monde intérieur. Elles ne cessent de m'obliger à battre en retraite à chaque fois qu'un danger est pressenti ... elles sont ma faiblesse, ma vulnérabilité.
27 juin 2006
Orage intérieur
Mon intérieur est gris, il tend même vers l'anthracite et le gris foncé à certains moments. Par périodes, il est carrément noir comme un ciel qui annoncerait un orage qui jusqu'à présent, n'a pas encore éclaté. J'essais de me dissocier de mon intérieur, j'essaie de fuir cet état détestable que je ne connais que trop bien... pour ne pas sombrer: dans la dépression, la perte de l'espoir, le néant. Je ne peux malheureusement pas me distancer suffisamment pour ne pas ressentir la tritessse qui me souffle sur le coeur, le découragement qui me frôle dangereusement l'esprit, la peur qui me tord le ventre et le dégoût de moi-même qui m'envahit, qui me colle véritablement à la peau, détestable et poisseuse humidité qui me fait prier pour qu'on finisse par me l'arracher, pour que je puisse enfin ne plus rien ressentir. Et puis il y a cette sourde colère qui gronde en moi ... contre tous et chacun mais surtout contre moi-même. Je me dis alors que je devrais peut-être cesser de fuir pour me laisser envahir par ce terrible état et me laisser frapper de plein fouet par n'importe quelle foudre qui daignerait abréger cette vaine existence que je me sens mener.
20 juin 2006
En quête de liberté
Je m'avance doucement... tu m'approches lentement...
Je suis d'abord curieuse, enthousiaste puis ... perplexe, la tête qui se remplie de multiples interrogations, un brin méfiante puis ... apeurée ... je me réfugie derrière mes défenses qui me sont devenues naturelles par la force des événements...
Je te regarde, je t'entends ... je sais que tu ne me veux pas de mal ... je sais avec ma tête mais mon coeur et mon ventre l'ignorent encore...
Eux, ils ne savent que la méfiance face au contact intime, face à la vulnérabilité dévoilée, face aux faiblesses exposées...
Eux, ils ne connaissent que la crainte de déplaire; la peur de décevoir; la peur d'être déçue; l'angoisse d'être oubliée, préférée à une autre, remplacée à perpétuité; la terreur face à l'abandon toujours possible, menace ne pouvant jamais être complètement écartée et qui dirigera une grande partie de vos premières décennies sur Terre, véritable épée de d'Hamoclès au dessus de votre tête.
Eux, ils n'ont expérimenté que le travail acharné, leur désaveau, leur mise à l'écart, leur ignorance pour que le reste puisse avoir une chance de survivre ...
Eux, ils n'ont pu et ne peuvent, encore aujourd'hui, que se contenter d'espérer ne plus avoir à redouter ce contact intime d'une femme qui prend soin de vous, qui vous prend telle que vous êtes avec vos forces, faiblesses, vulnérabilités, contradictions, qui ne vous trahira pas, qui n'exige rien, sinon d'être là ...
Eux, ils ne peuvent qu'entretenir l'espoir, qu'un jour, une partie de vous aura le courage de franchir le pas et de se laisser apprivoiser complètement...
Comment peuvent-ils y croire, quand même dans leurs rêves les plus extravangants d'esclaves, ils n'auraient jamais imaginer pouvoir un jour goûter un dixième de cette liberté dont ils ne se doutaient même pas, jusqu'à tout récemment de la simple existence ?
15 avril 2006
A t'elle une âme ?
Nous somme deux à la regarder s'en aller. Deux êtres qui se font face et qui assistent, impuissants, à sa lente agonie. Vous pensez peut-être que vous y pouvez encore quelque chose. Moi, par contre, je n'entretiens plus d'illusion quant à sa survie. Pourtant, je vous avais prévenu depuis plusieurs mois. Je la sentais nous glisser entre les doigts, changer, d'abord de façon imperceptible puis de façon de plus en plus concrète. Vous me disiez que ces changements constituaient peut-être une progression. J'ai bien voulu tenter de vous croire... mais honnêtement, j'ai toujours été profondemment convaincue du contraire. Je savais qu'il n'en était rien. Que cette façon qu'elle avait d'évoluer ne présageait rien de bon.
Je me souviens des premiers mois où je m'acharnais à vouloir la garder en vie. Que faisiez-vous donc ? J'avais l'impression d'être la seule à me battre pour lui insuffler un peu de vigueur et de santé. Aujourd'hui, je m'aperçois qu'il ne sert à rien de lutter contre la maladie qui l'atteint, contre le destin qui, patiemment, l'attend au détour. J'ai l'intime conviction que, quoique je fasse, rien ne pourra la sauver. La vie se retire d'elle sans qu'aucune force ne puisse la retenir. Elle est là, entre nous deux, inerte, épuisée, vide. Son âme l'a t'elle déjà quittée ? Les relations ont-elles une âme ? Qu'advient-il d'elle lorsque ce qui unit deux personnes cesse d'exister ? Est-ce que chaque personne poursuit sa route en gardant, gravées au fond d'elle, les traces de leur relation ? Est-ce que quelque chose lui survit ? Est-elle, en quelques sortes, peu importe la façon, inscrite dans l'éternité ?
Qu'adviendra t'il donc de la nôtre ? Qu'en restera t'il lorsque, épuisée d'en supporter la douleur, je me déciderai, enfin, à fermer pour une dernière fois la porte de votre petite pièce ? Aurais-je le courage de tenter d'en investir d'autres ? Porterais-je toujours en moi cette éternelle peur d'être à nouveau blessée et déçue ? Ou est-ce que la seule chose qui lui survivra sera la colère que j'entretiens à votre égard ?
