Les carnets de Juliette

Une jeune femme sur Terre apprend le jeu de la vie... suivez la au fil du temps dans son périple.

03 novembre 2009

Retour

Écrire plutôt que d'hurler à la face du monde la douleur qui vous scie en deux, vous emprisonne, vous fait désespérer...

Écrire plutôt que de se torturer l'estomac avec la nourriture...

Écrire pour tenter de faire taire les voix auto-destructrices qui hantent chaque parcelle de votre cerveau, qui empoisonnent chacune de vos neurones...

Écrire pour tenter d'échapper à ce que vous redoutez le plus: votre sale vie sur terre, une vie sans aucun sens, sans autre raison que celle de vous faire souffrir sans fin...

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25 mars 2007

Souffle de vie

rideaux2Aujourd'hui pour la première fois cette année, j'ai laissé ma fenêtre ouverte et une douce brise gonfler le fin voilage du rideau qui protège l'intimité de ma chambre.  L'air frais embaumait toute la pièce, lui insufflait un air de nouveauté. Pourtant il s'agit toujours de la même chambre avec les mêmes décorations et accessoires installés peu avant Noel. 

Ces temps-ci,  mon désir le plus cher serait d'être capable d'inspirer à pleins poumons l'air neuf du printemps, que celui-ci traverse tout mon corps, tout mon être, que chacune de mes cellules reçoivent l'oxygène dont il est le porteur.  Je souhaiterais être capable de m'abandonner; de me détendre enfin; que les noeuds qui me vrillent l'intérieur se dénouent, que mes muscles contracturés par le stress et la pression se délassent enfin;   que l'asphyxie cesse, que s'arrête l'impression d'étouffement qui m'oppresse si souvent lorsque je me retrouve seule le soir dans mon lit.  Je voudrais pouvoir sentir l'air circuler dans mon intérieur, comme la brise du printemps a parcouru ma chambre cet après-midi.  Je voudrais pouvoir me reposer, me laisser bercer, me laisser touchée et caressée: confiante dans la brise, dans la relation avec l'autre, dans mon rapport à moi-même et à la vie.

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20 août 2006

La pluie, les larmes du ciel

eauJe n'aime pas particulièrement le temps pluvieux sauf lorsque c'est le soir et que je suis bien à l'abri à l'intérieur de la maison, sauf lorsque le temps est chaud et humide et que l'averse nous laisse espérer un allègement de l'atmosphère.

Je n'aime pas particulièrement les larmes, parce qu'elles accompagnent la plupart du temps des moments trop douloureux de l'existence; parce qu'elles me rendent les paupières rougies et gonflées et provoquent souvent, chez moi, l'apparition d'un mal de tête; parce qu'elles révèlent à ceux qui en sont témoins mes failles, mon incapacité d'assurer; parce qu'elles me rendent un peu honteuse.   

Mais tout comme la pluie qui parfois nous libère de la lourde humidité, parfois les larmes, elles aussi, à leur manière, nous laissent épuisés mais néanmoins un peu libérés des lourds chagrins qui pèsent en nous.

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28 juillet 2006

Prendre soin de soi...

Convention collective (personnelle en fait), de J.Saisal inc.

1. Le boulot, c'est entre lundi et vendredi;

2. Les heures de travail, c'est entre 8 heures et 17h45;

3. Le dîner débute à 12 h15;

4. Les heures d'ordinateur sont obligatoires à tous les jours (une seule exception permise par semaine en cas d'absolue nécessité);

5. On ne me dérange pas pour des questions d'horaire pendant les consultations;

6. J'ai droit à un 5 minutes de pauses à 10h00 et à 15h00;

La suite bientôt ...

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30 avril 2006

Se rapprocher de soi

signatureFaire les choses à sa manière, y mettre sa touche personnelle, se moquer de la façon dont les autres aborderait la situation, cesser de se remettre perpétuellement en question, se fier à son instinct, à son intuition, à sa vérité.

Accepter qu'on ne peut toujours tout réussir, que commettre des erreurs est une caractéristique humaine, que la vie est un apprentissage pour lequel aucune théorie n'a encore remplacé la pratique.

Se rappeler que je ne suis pas la pile de dossiers terminés ou non du bureau, le désordre de ma chambre, la bonne ou moins bonne évolution de mes clients, le montant de mes REER et autres économies, l'impression que les autres ont parfois de moi, le chiffre sur le pèse-personne ...

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16 avril 2006

Qui est-elle donc ?

Elle me regarde avec douceur ... même lorsque les plus pénibles émotions m'assaillent, même lorsque j'ai l'impression de perdre le contrôle...

Elle me parle avec sagesse, avec intériorité et avec respect de la vie, des relations, de la peine et de la tristesse, du deuil et de toutes les vulnérabilités humaines...

Elle écoute avec toute son attention et  son empathie mes paroles, parfois rares, parfois prolifiques qui traduisent les pensées et émotions douloureuses, passionnées et même celles qui sont en attente de sens ...

Elle sait toucher et caresser l'enfant en moi qui en a besoin ... et aussi apprivoiser la femme qui a peur de ce contact ...

Elle m'inspire par sa façon d'être et de penser ... pour le monde que je ne connais pas et  qu'elle me laisse entrevoir ...

J'ai peur qu'elle ne soit qu'un mirage... que lorsque je serai convaincue de son existence, elle disparaîtra  de ma vie telle une illusion que mon cerveau, mon coeur et mon corps, avides de sens, de douceur et de tendresse, aurait hallucinée.

Avec elle, je sens la fin de mon errance des années passées, je me sens être arrivée ... où ? je n'en suis pas encore sûre ... peut-être chez moi.

Avec elle, j'ai l'impression d'être une jeune plante qui sort de la terre, qui s'étire vers le soleil ... et qui est de moins en moins ravagée par la peur qui l'a obligée à se terrer pendant tellement longtemps.

Avec elle, j'ai l'impression de vivre... j'ai peur de rêver... dans ce cas, je souhaiterais ne jamais me réveiller.

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10 février 2006

Aller mieux ... se poser des questions... et y répondre !

Depuis quelques temps, j'ai l'impression que ma vie s'en va toute croche, qu'elle me mène par le bout du nez.  Je me sens obligée de vivre ... et n'en ai aucune envie: physiquement et psychologiquement.  Toute motivation semble m'avoir quittée que ce soit pour travailler ou même, m'amuser.  Une seule idée m'obsède: quand vais-je retrouver la chaleur enveloppante de mon lit ?  Quand vais-je enfin pouvoir me reposer ? Mettre ma tête et mon corps à off ? Comme si, simultanément, mon feu sacré (déjà vacillant) s'était complètement éteint dans mon corps et dans mon coeur.  Pendant tout ce temps, seule ma tête me permet d'obliger la machine de continuer à fonctionner au quotidien et de ne pas, tout simplement, sombrer.

Comment expliquer que cet état que je ne connais que trop bien revienne sans cesse me hanter ?  Comment ai-je fait pour baisser ma garde et me laisser, une fois de plus, égarer dans ce dangereux brouillard que constitue l'éloignement de son véritable soi, de ses envies et désirs ? de son besoin de se prioriser ?  Comment ai-je fait pour laisser, de nouveau, pénétrer dans ma vie ce démoniaque sentiment de culpabilité qui m'emprisonne et me rend impuissante ?  Où est l'ennemi ? A l'intérieur ou à l'extérieur de moi ? Quelle arme permettra donc de définitivement l'abattre ? Combien de vie a t'il donc en réserve ?

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05 février 2006

La fatigue ...

Dormir ... Mettre la machine à off, se débrancher le corps, le cerveau et le coeur ... Résister à la dictature du réveil-matin pendant le week-end, lui clouer le bec.  Sortir du lit seulement lorsqu'on en a envie, se mettre en mode "slow" dans nos premières activités matinales qu'on a l'habitude d'expédier à toute vitesse.  Arrêter, pour 2 journées complètes, de s'investir dans toutes sortes d'activités pour tenter de donner un sens à sa vie ... car de cela il n'est plus question.  La question est d'accepter que le corps est en train de prendre le dessus sur l'esprit, que la tête ne peut indéfiniment tout contrôler, tout planifier et tout diriger.  Que le rationnel, si cher à certains, ne peut régner en véritable dictateur sur le coeur et le corps sans encourir le risque de devoir faire face à la rébellion de ces derniers, un jour ou l'autre.  Je vous dirais que le petit dictateur en moi, s'est fait, lui-aussi, clouer le bec ce week-end.  En ce moment, il n'est que frustration et impatience, il déteste perdre ainsi son temps.  Mais il doit se résigner et ronger son frein: un véritable coup d'état lui a retiré une grande partie de ses pouvoirs !

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13 janvier 2006

Une dure semaine de travail

m_dicamentVoilà, j'ai eu une semaine stressante, essoufflante, difficile ... Du point de vue de la charge de travail au bureau, entres autres, mais aussi des circonstances dans lesquelles cela s'est déroulé.  Pour l'une des premières fois dans ma vie, une personne extérieure à mon cercle intime composé de ma famille et de mes amies m'a réflété que je pouvais être difficile à vivre et que j'étais capable d'interagir de façon sèche (j'en ai conclu: bête) avec les autres. Je dois dire que je n'ai pas répliqué à cet étrange feed-back puisqu'il m'a saisie.  En effet, on m'a souvent décrite comme étant timide et peu sûre de moi-même, parfois renfermée ou anxieuse, mais jamais comme étant sèche !  Cela m'a laissé songeuse ... Je sais que je peux parfois être impatiente avec mes proches mais j'étais convaincue, jusqu'à présent, qu'à part quelques rares exceptions, mon masque de personne douce était intacte dans mon milieu de travail.

Une fois la première surprise passée, je me suis sentie véritablement déstabilisée: une partie de moi regrettait d'avoir agi et d'être perçue de cette façon.  Par contre, une seconde partie, je l'admet, s'en foutait éperdumment.  Et vous savez quoi ? Ces jours-ci, j'essaie de me rattacher à cette seconde partie pour ne pas sombrer dans l'auto-culpabilité et l'auto-dénigrement car je ne pense plus que cette forme de traitement que je m'infligeait par le passé sera, à long terme, susceptible d'améliorer mes relations avec les autres.  Et que dire de ma relation avec moi-même!  Non, je tente de m'éloigner, autant que possible, de toute forme d'automutilation  du corps, du coeur, de l'esprit et de l'âme ... car j'estime avoir déjà trop donné dans ce rayon ...

C'est pourquoi, sur la route du retour à la maison ce soir, je me suis arrêtée chez le fleuriste.  J'en avais envie depuis longtemps mais repoussait toujours le moment de passer à l'acte.  Cette fois, le pas a été franchi: je suis repartie avec deux belles branches de fleurs d'un joli rose-lilas.  Rien de bien dispendieux mais peu importe!  Elles reposent dans un vase tout simple à côté de mon lit et insufflent un peu de vie et de beauté à ma chambre.  Bien sûr, on m'a déjà offert des fleurs et cela m'a toujours fait grand plaisir.  Mais celles-là ont une signification bien bien particulière . . .  Elles sont un petit baume, un petit remède à une partie de mon coeur qui s'est sentie malmenée et blessée cette semaine. 

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30 décembre 2005

Une enfant seule

fillette5La semaine dernière, tel que promis, je suis retournée voir la petite fille.  J'ai cogné à sa porte, cela a pris de longues minutes avant que je perçoive le sons de ses pas dans les marches puis sur le carrelage du vestibule.  Lentement, la porte s'est ouverte ... je l'ai vue, son petit chiot dans les bras.  Elle m'a tournée le dos et a grimpé lentement les marches jusqu'à sa petite pièce.  Je l'ai suivie sans un mot.  Une fois dans son petit appartement, j'ai voulu lui parler, la prendre dans mes bras, lui témoigner un peu d'affection mais ses yeux m'en ont tout de suite dissuadé(e): ils lançaient des éclairs de colère.  J'ai tenté de lui parler mais plus les mots sortaient de ma bouche et plus sa fureur semblait grandir.  J'avoue que j'ai eu peur, j'ai décidé de partir non sans auparavant lui avoir remis un châle pour la tenir au chaud et lui promettre de revenir. 

Cette semaine, je suis revenu (e) comme je le lui avais juré.  J'ai tout de suite vu qu'elle paraissait de meilleure humeur que la semaine précédente.  Elle est rapidement venue m'ouvrir puis m'a entraînée dans sa chambre en me tenant par la main.   Le petit chiot jouait dans un coin.  Je me suis assis (e) par terre et l'ai prise dans mes bras.  Elle a bien réagi, a semblé y prendre plaisir, je me suis mis (e) à la bercer tel un petit bébé.  Puis, quelque chose d'étrange s'est produit: je l'ai sentie et vue rapetisser et rajeunir.  De 5 ou 6 ans, elle a régressé jusqu'à l'âge d'environ 2 ans puis a semblé se désintégrer dans mes bras.  Son corps n'ayant plus aucune consistance comme si ses os s'étaient dissous: j'avais l'impression de tenir une poupée de chiffon, sans vie.   J'ai tenté de lui insuffler mon énergie, ma fureur, ma colère, mon désir de vivre ... sans succès.  Je tenais la mort dans mes bras, un restant de corps sans âme.  Voulait-elle me signifier qu'elle n'accepterait pas de me voir la quitter une nouvelle fois ?  Alors, avec tout ce que j'avais de volonté, j'ai commencé à la secouer comme un (e)  déchaîné (e) en lui hurlant que je la laisserais véritablement exister, jouer, être une vraie enfant si elle daignait réintégrer son petit corps.  Après plusieurs minutes, j'ai commencé à sentir le début d'un squelette jusqu'à ce qu'elle reprenne l'apparence qu'elle avait lorsque je l'ai vu pour la première fois.  Je ne cessais de lui répéter que je ne l'abandonnais pas, fillette3que je l'amenais avec moi, que je m'occuperais d'elle et qu'elle aurait un foyer pour y vivre comme une véritable petite fille.  Elle me regardait les yeux rond comme des billes ... semblant avoir de la difficulté à me croire.  J'ai emballé ses maigres effets personnels et l'ai prise sur mon dos.  Le petit chiot sur nos talons, nous avons quitté sa demeure et pris la route.  Elle serrait mon cou avec une telle force ... comme si elle craignait encore de me voir changer d'idée !

C'est ainsi que je suis devenu (e) le parent d'une petite fille ... et je ne sais pas encore quel avenir nous est réservé!

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