29 décembre 2007
Voleurs de vie !
J'en ai marre de ceux qui ne foutent rien de leur propre vie et qui se permettent de vous dire comment vous devriez mener la vôtre. Ou pire, qui s'offusque quand vous ne tenez pas compte de leurs "judicieux" conseils. Alors j'aimerais pouvoir dire en pleine face à tous ces gérants d'estrade ceci : "On a tous nos petits et grands fardeaux à porter dans la vie alors pitié, crissez-moi patience !!!" Mais voilà: le gérant d'estrade c'est ma mère. Il est donc inutile de songer à lui balancer cela en pleine figure. Putain que la vie est compliquée ...
30 septembre 2007
Mirage de perfection
J'ai écouté avec grande attention le témoignage de Geneviève Jeanson à l'émission Enquête de Radio-Canada. Je connaissais très peu de choses sur elle: je n'ai pas suivi sa carrière et je ne m'intéresse pas particulièrement au cyclisme. Je l'avais déjà vu en entrevue et ai suivi de loin toutes les péripéties de sa courte carrière en ce qui attrait aux soupçons de dopage qui pesaient sur elle. J'y étais, somme toute alors, relativement indifférente. Une de plus me disais-je ...
Mais son vibrant témoignage a tout changé: oui, je la crois. Oui, je comprend dans quel engrenage elle s'est sentie emportée, vampirisée. Oui, je la crois lorsqu'elle dit qu'elle n'y pouvait alors rien. Je la crois parce qu'on ne peut pas inventer des sentiments comme ceux qu'elle évoque: se sentir morte à l'intérieur, se sentir triste malgré tous les succès parce qu'on a l'impression qu'il ne s'agit alors pas de soi.
02 octobre 2006
Il aurait suffi de 30 secondes, 1 minute ou 2 ou ...
C'était un beau samedi du mois de septembre: le ciel était clair, l'air juste assez chaud pour être doux. L'homme prenait la route après avoir fait quelques heures de travail au bureau: il est infatiguable, on se demande tous comment il y arrive. Par distraction, il emprunte le chemin du retour à la maison alors qu'en fait, il est attendu ailleurs. Mais où ? Se pose t'il seulement la question ?
Il s'aperçoit de son erreur et change d'itinéraire pour se rendre à destination. On l'attend, son beau-frère et le frère de ce dernier l'attendent afin de poursuivre la confection du vin entrepris la semaine précédente. Il emprune l'avenue Papineau, regarde l'heure en se disant peut-être qu'il sera en retard: il n'est pas encore 12h30; quelques minutes passent (une, deux, trois ?), il passe en dessous et quelques minutes plus tard (deux ou trois, on ne peut savoir, la circulation est fluide, il roule vite) emprunte le pont. Alors qu'il débouche sur le boulevard Henri Bourrassa, il aperçoit des policiers qui s'appliquent à bloquer l'accès au pont qu'il vient d'utiliser. Il ne se questionne pas vraiment. Il arrive finalement à destination: il est 12h45.
Ce n'est que quelques heures plus tard qu'il apprendra de la bouche de sa femme que le viaduc sous lequel il est passé s'est effondré derrière lui. Combien de temps ? Personne ne le saura jamais de façon exacte mais on sait qu'il s'agit d'une très courte durée i.e. moins de 5 minutes. Vous vous demandez peut-être ce qui me motive ce soir à m'attarder à l'histoire de cet homme alors que les journaux et la télévision ont rapporté des récits bien plus spectaculaires. La raison est fort simple: cet homme, c'est mon papa.