Les carnets de Juliette

Une jeune femme sur Terre apprend le jeu de la vie... suivez la au fil du temps dans son périple.

16 février 2007

Le ring

boxeOuach ... Voilà comment je me sens ce matin.  Obsédée par ce que me renvoie mon miroir... Je lutte contre lui, contre ses attaques sournoises.  Je me bats contre mon esprit qui ne cesse de me bombarder de pensées malsaines qui me rendent inquiète ... mal dans ma peau ... découragée, ... hantée par l'idée d'être déçue,  de me rendre compte que ma bonne humeur des derniers jours n'était qu'un leurre.  Je crains que la réalité ne me surprenne au détour du chemin, encore plus difficile à accuser telle une pluie de coups de poing qui me laisseront, une fois de plus, à plat sur le ring de l'existence.  "Chaos" pour un certain temps jusqu'à ce que, de nouveau, j'arrive à me relever et à continuer mon pénible combat, ma quête d'une existence qui, je m'efforce de le croire, sera meilleure.

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12 février 2007

A l'attaque ...

Est-ce le cri de ralliement des virus et autres bactéries contre nous, pauvres humains ?  Je suis rarement physiquement malade.  Fatiguée, oui, mais malade, rarement.  A part, ma psyché qui est chroniquement atteinte, mon corps, lui (au moins) tient la route.  Mais là, en l'espace de même pas 3 mois, la grippe, le rhume (que sais-je ?) me tombent dessus.  Si au moins, en contre partie, mon moral s'en portait mieux !  Mais c'est loin d'être le cas ce matin.  On dirait que mon corps et mon esprit compétionnent pour être décrété le plus mal en point.

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17 mars 2006

Violence hivernale, mélancolie sentimentale

cheminhiverEh oui, malgré les doux jours connus la semaine dernière, l'hiver semble revenir à la charge ces jours-ci.  Le début de la semaine m'a un peu pris par surprise avec ces froids vents qu'on ne peut malheureusement pas qualifiés de "brise hivernale".   On aurait même dit, à voir la violence de ses masses d'air qui ne cessaient de nous fouetter de tous bords tous côtés, qu'une certaine frustration et agressivité habitait cet hiver dont on ne souhaite que le départ.  Peut-être veut-il nous signifier qu'il a droit de cité parmis nous jusqu'au 21 mars et qu'on ne doit pas espérer le voir tirer sa révérence prématurément.  Serait-il blessé de notre impatience à le voir partir ? Est-il jaloux du printemps qu'on accueille toujours à bras ouverts ? Lui mènera t'il la vie dure avant d'accepter de lui céder la place ? 

Tout comme la saison froide qui se refuse à nous quitter, mes sentiments de vide, de non-sens et parfois de déprime semblent refaire surface ces temps-ci et me coller au coeur et à l'esprit.  Ensevelie sous le travail ces dernières semaines, je ressentais davantage la fatigue et la lassitude face à une existence qui ne me convient pas.  Par contre, l'adrénaline qui me portait pour m'aider à compléter mes multiples tâches  et à entretenir l'espoir d'une semaine de vacances passée à m'occuper de ma petite personne me cachait l'ampleur du vide qui m'a assaillie ces derniers jours.  Alors, ce qui devait s'avérer être une douce semaine de repos s'est transformé en pénibles journées d'introspection forçées.  Tout comme le printemps, il semble donc que le temps de mon bien-être intérieur n'ait pas encore sonné.

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31 janvier 2006

Journée grise d'hiver

d_prime3Le ciel est gris et doit bien déteindre sur l'humeur des gens et sur le mien !  Ces jours-ci, je n'ai plus envie de rien.  Le matin venu, je resterais bien au creux du lit plutôt que d'en sortir pour aller gagner ma croûte.  J'aimerais pouvoir hiberner comme une ourse...  et m'éloigner de la race humaine parce qu'en ce moment, elle me triture royalement le système nerveux.  Je n'en peux plus t'entendre les gens se plaindre et refuser de fournir le moindre effort pour améliorer leur sort.  Et critiquer en plus ... et imaginer que la guérison sort d'une boîte de Crackle Jack !  Le moindre de leur commentaire me traverse comme une flèche empoisonnée et me contamine l'esprit pour des heures et des heures.  Les sentiments de culpabilité et de découragement m'emprisonnent dans un état de passivité qui me fige dans une sorte de coma éveillé.  J'ai l'impression de ne plus avoir la force de me battre pour rien que ce soit l'intérêt de mes clients ou même, le mien.  La seule stratégie que je suis encore, malheureusement, capable d'utiliser est un type de fuite qui me rappelle que le caillou dans ma chaussure est encore présent.

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15 janvier 2006

Au pied du mur

Voilà l'impression qui m'habite.  Obligée de faire face, aucune possibilité de fuite en vue ... Anticipation des pensées obsédentes qui me tarauderont pendant les heures précédant la rencontre puis de la souffrance et du désespoir qui possiblement, suivront.  Comme un animal pris au pìège, je voudrais pouvoir agir avec agressivité, retourner la colère qui m'habite contre cette personne ... mais je m'y refuse !  Je ne veux pas être celle qui va blesser ou maltraiter ... en dépit de tout, je ne veux pas lui faire de mal ou même, juste l'importuner.  Comme un animal qui blessé (mais pas encore mort) choisit de se ronger la patte prise dans le piège pour pouvoir survivre et s'enfuir, serais-je poussée dans mes derniers retranchements ? Est-ce que je vais choisir de m'amputer une partie de moi-même pour ne plus avoir à vivre la souffrance de cette relation ?

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10 janvier 2006

Là est la question !!!!

questionQue la vie me semble compliquée (pas parfois mais souvent!) !  J'éprouve une véritable horreur des moments plus ou moins longs pendant lesquels je sens que je perds mes repères et que je suis dans l'incapacité la plus totale de prendre la bonne décision ou de savoir quelle action je dois poser dans une situation donnée.  Je me sens alors comme quand, âgée de 7 ou 8 ans, je me trouvais devant un difficile problème de mathématiques et qu'aucune stratégie n'éclairait ma lanterne pour le résoudre.  J'avais alors l'impression de n'avoir aucune ressource pour venir à bout de cette situation sauf, bien sûr, celle de demander à mon père de m'expliquer ce dont il s'agissait ...

Aujourd'hui, ce ne sont plus les problèmes d'arithmétique qui me cassent la tête et les pieds mais bien ceux de la vie de tous les jours.  Par exemple, quand doit-on privilégier la satisfaction de ses besoins ou priorités par rapport à celle des autres ?  Dans quelle mesure doit-on tenir  compte de la situation de l'autre quand on peine à mener à bien sa propre "barque" ?  Quand mon comportement est-il égoiste et quand ne l'est-il pas ? Que puis-je exiger des autres et qu'est-ce qui s'avère une demande exagérée?  Je n'ai pas de difficulté à admettre que je ne possède aucune des réponses à ces épineuses questions.  Parfois, j'ai l'impression d'avoir résolu le problème, puis, vérication faite, je m'aperçois que dans la réalité, au fond, la solution trouvée ne me satisfait pas soit parce qu'elle ne correspond pas aux valeurs qu'on m'a inculquées, soit parce qu'elle m'oblige à ignorer mes besoins et à en payer le prix à plus ou moins long terme. Je suis alors, de nouveau, nez à nez avec l'ultime questionnement fondamental qui sous-tend toutes les questions mentionnées ci-haut: "Qui des autres ou de moi est le plus important  ? " 

Quelqu'un, à quelque part, a-t'il une formule magique pour résoudre ce délicat problème de relations humaines ?  Si oui, la porte de ce blogue vous est GRANDE ouverte par le biais de la section commentaires.  N'hésitez surtout pas, toutes les solutions sont bienvenues même celles qui peuvent sembler farfelues. 

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23 décembre 2005

S'éloigner de soi

d_pression31Quand on a passé la majeure partie de sa vie à l'extérieur de soi c'est-à-dire de son corps et de son coeur, y retourner s'avère souvent étrange, effrayant et parfois même impossible.  C'est comme chercher la bonne combinaison d'un cadenas de sécurité: une fois la serrure déverrouillée, on hésite parfois à ouvrir la porte et par la suite, à pénétrer dans sa maison intérieure et ce, même si on est bien accompagnée pour le faire. On craint ce qu'on va peut-être y découvrir, on ignore ce qui s'y terre. On préfère souvent demeurer à la surface jusqu'à ce qu'on réalise que celle-ci ne nous suffit plus, que pour survivre et arrêter de sentir ce vide intérieur, on doit justement plonger en soi.  Paradoxe intéressant: on souffre d'un vide intérieur et simultanément, on est terrifiée de ce qui pourrait s'y trouver. Est-ce le vide qui nous effraie autant ou plutôt ce qu'on a tassé de tout bord et tout côté pour que ce néant soit crée ? Néant que l'on cherche d'ailleurs, désespéremment à remplir par ce qui nous est extérieur telle une véritable éponge qui ne cesse d'absorber le moindre liquide qu'on lui présente.

Cette quête constitue un processus souvent frustrant, on se fâche contre soi ... on a souvent l'impression de se perdre. A d'autres moments, on se sent incapable d'avancer davantage, on veut fuir... et malheureusement, ce genre de voyage ne tolèrant aucune bravoure feinte, aucun mensonge, aucun manque d'authenticité, il prend parfois des mois et le plus souvent des années à réaliser.  Il s'agit donc d'un long périple dont on ne sait jamais s'il aura une fin heureuse ou si on y laissera sa peau.

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15 décembre 2005

Comment dire ...

d_prim_e22Je serais brève.  Comment dire la fatigue qui me tombe dessus ces jours-ci ?  Le désarroi et le découragement ? Je n'ai plus la force ni l'intérêt de tenter de réfléchir sur la question et de pondre un texte qui présente le moindre intérêt introspectif.  Ma tête ne raisonne plus ... seulement des mots s'en échappent, sans idée directrice pour en faire des phrases et un message : épuisement mental et physique, envie de dormir et de se réveiller dans un ou plusieurs mois, impression d'être dispersée, peur de ce qui m'attend demain, sentiments d'impatience et de frustration facilement exacerbés (rien ne doit se poser en travers de mon chemin ni les objets ni les humains), sentiments de tristesse et de peine, et de colère.  Bref, tout ce qui peut faire partie d'un être à un moment ou à un autre de sa vie, je les ressens, en alternance et parfois même simultanément, d'une minute à l'autre de ma vie, ces jours-ci.  État qui me fait l'effet de régresser et de ne plus présenter quelque chose qui s'apparente à un être humain.

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31 octobre 2005

Questions à ma mère

poupee2Maman, où étais-tu lorsque tu as appris que j'étais déjà dans ton ventre ?  A quoi as-tu donc pensé ? Ta première réaction a-t'elle été de la joie ? Et la deuxième ?  De la peur ...

Maman, quelles étaient donc tes pensées pendant ces longs mois où nous ne faisions qu'une seule et même personne ?  Te questionnais-tu sur ta capacité d'être une bonne mère ? Sur mon sexe ? Sur ton corps qui changeait et ne serait peut-être plus jamais le même ?  Sur l'accouchement et ses douleurs ?  Sur le genre de personne que je deviendrais ?

Maman, qu'as-tu pensé lorsque je me suis présentée à toi pour la première fois ? Petit bébé de 6 livres et quelques avec une drôle de bosse sur la tête, effet secondaire des efforts que nous avons dû faire toutes les deux pour que je vois enfin le jour ?

Maman, qu'as-tu pensé lorsque tu as décidé de ne pas me donner le sein ? Était-ce par peur de ne pas être à la hauteur ? Parce que c'était moins compliqué ? Parce qu'ainsi, papa pourrait "faire sa part" et me donner le biberon pendant la nuit ?

Maman, qu'as-tu pensé quand tu m'as laissée à grand-maman pour aller donner le jour à ma petite soeur ? Savais-tu que notre séparation serait aussi longue ? Imaginais-tu que je pourrais en souffrir ? Que je pourrais ne pas comprendre pourquoi, tout d'un coup, celle qui me reliait à la vie s'en était allée ? 

Maman, qu'as-tu pensé quand, une fois tous de retour à la maison, je n'ai pas réagi à ta présence ?  Que je ne me suis pas jetté dans tes bras comme tu semblais t'y attendre ?  Quand j'ai préféré accompagner papa chez grand-père ?  Étais-tu vraiment surprise ?  Comment pouvais-tu exiger qu'une fillette de 2 ans comprenne pourquoi sa mère était partie pendant 1 mois puis qu'elle lui était soudain rendue ?  Non, il semble d'après ce que l'on m'a raconté que je n'ai pas compris.  J'ai suivi papa parce que, lui, il ne m'avait pas abandonnée.  Était-ce un présage ?

Maman, à quoi pensais-tu lorsque tu me fermais ton visage et ton coeur lorsque je décevais tes attentes ?  Lorsque tu répondais par du mépris à mes faibles tentatives de prendre de l'autonomie et de réaliser mes expériences ? Lorsque tu n'étais  que froideur ?  As-tu imaginé la douleur que ces attitudes provoquaient en moi ? As-tu imaginé que dans ces moments, je me sentais vraiment toute seule sur cette Terre ?  Que j'aurais fait n'importe quoi pour ne pas vivre cela ?  J'ai fait n'importe quoi: je me suis progressivement détachée de moi-même, c'était moins douloureux, sur le moment, que l'idée que tu m'abandonnes encore une fois.   J'ai créé par le fait même un vide énorme à l'intérieur de moi.  Un vide, qu'encore aujourd'hui, j'essaie de combler.

Maman, qu'as-tu pensé lorsque le caillou dans ma chaussure est apparu, lorsqu'il est devenu tellement douloureux que j'ai cessé de marcher ?  Après les premières mois de traitement infructueux, as-tu imaginé combien je pouvais me sentir perdue, paniquée et découragée ?  Qu'as-tu pensé lorsque j'ai, pour les premières fois, décider d'arrêter d'avance et que je me suis roulée dans les champs qui bordent le route de la vie ?  As-tu essayé d'imaginer les raisons qui motivaient mes actes au lieu d'essayer de les contraindre en resserant ton contrôle ?

Maman, que penses-tu aujourd'hui lorsque tu constates que je ne parle pas ? que j'ai l'air bête ou triste ?  Peux-tu imaginer que je vis du stress au travail ? Que j'ai peur de subir les effets pervers du caillou dans ma chaussure qui ne m'a pas complètement quitté ? Que j'ai souvent l'impression de n'avoir aucune raison valable de vivre ?  Ne te demandes-tu pas pourquoi  il n'y a encore jamais eu personne dans ma vie ?  Pourquoi j'afffirme haut et fort que je ne désire pas d'enfant ? 

Maman, peut-tu t'imaginer que j'ai encore besoin d'une mère ? Que j'en cherche encore une ? Que je dépense une fortune à essayer de faire en sorte que le vide à l'intérieur de moi finisse par se remplir ? Et tu sais quoi, maman, je ne pense pas que tous les efforts que j'y met me coûteront plus cher que ce que j'ai déjà eu à payer .

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17 octobre 2005

J'ai un caillou dans ma chaussure

soulier22Vous ne le savez pas encore, mais j'ai un caillou dans ma chaussure.  Un caillou bien spécial puisqu'il peut changer de grossseur et de forme au fil du temps.  Il est situé entre la semelle interne de mon soulier et la véritable semelle... et il me fait souffrir, pas tout le temps, mais presque.  A cause de lui, j'ai beaucoup de difficulté à parcourir la route de la vie.  En effet, comment avoir l'énergie et le courage de courir, sauter, danser et parfois même, seulement marcher, lorsque votre attention et vos énergies servent à combattre cette foutue douleur que vous ressentez sous le pied ? La douleur se situe parfois au niveau du talon, parfois près des orteils, parfois précisément sous le gros orteil...  et je vous dirai même qu'elle est, à l'occasion, tellement intense qu'elle irradie à la cheville et dans la jambe, parfois même encore plus haut.  Dans ces cas là, je change de moyens de locomotion.  Ainsi, même si c'est plus lent et moins pratique, même si parfois mes compagnons de voyage sur la route de la vie me regardent d'une façon bizarre, je me met à marcher sur les mains ou je me met à 4 pattes ou encore, lorsque les douleurs sont vraiment intolérables, je rampe.  Malheureusement ou heureusement, dans certaines circonstances, ces autres façons de se déplacer ne sont pas applicables.  Alors je dois me résigner:  je marche sur mes deux pieds en faisant bien attention de ne pas laisser transparaître ma douleur par une grimace, une légère boiterie ou une plainte.  Vous me direz sans doute que je devrais changer de soulier.  J'ai bien essayé ... mais il m'a toujours rattrapée car il a été fait spécifiquement pour moi.  D'autres me diront de consulter un cordonnier.  Je le fais ... j'en ai même deux.  Mais il n'est pas facilement de réparer un soulier sans qu'il ne soit retiré du pied de sa propriétaire.  Alors mes deux cordonniers ont formulé des hypothèses pour tenter de résoudre le problème autrement.  Et vous savez quoi ? Aucun des deux ne s'entend sur la conduite à adopter.  Vous me direz sans doute de consulter ailleurs. Je l'ai déjà fait... pour rapidement m'apercevoir que chaque spécialiste de la chaussure a sa propre solution à proposer.   J'ai donc décidé de maintenir les rencontres avec mes deux cordonniers actuels et de leur faire confiance ... la plupart du temps.

Sur la route de la vie, il m'est arrivé de rencontrer d'autres personnes qui, comme moi, ont ce caillou spécial dans leur chaussure.  Parfois, elles me le disent ouvertement.  En d'autres occasions, je les détecte sans qu'elles aient besoin de parler.  J'ai déjà croisé des personnes qui m'ont dit qu'elles avaient réussi à se débarasser du fameux caillou.  Cela me donne espoir et m'encourage, pour un moment, à poursuivre ma route.  A d'autres moments, par contre, j'avoue que je me sens tellement fatiguée, déprimée et désespérée que j'ai envie de m'asseoir sur le bord du chemin et d'arrêter d'avancer. Je voudrais me rouler dans l'herbe et dans les fleurs des champs qui bordent la route et m'y endormir sous le chaud soleil.   L'ennui, c'est que les gens qui partage ma route quotidiennement s'en aperceveraient.  Et puis, on dit que lorsqu'un marcheur décide de déserter la route de la vie et de traverser du côté des champs fleuris, il se trouve à léguer un caillou à tous les gens qu'il côtoyait au moment de son départ.  Il paraît même que, dépendemment du lien qui l'unissait à ces personnes, le caillou sera plus ou moins gros et lourd à porter.  Souvent donc, je vous dirais que cette idée m'oblige à considérer d'autres alternatives.  Je ne veux pas contribuer à alourdir le fardeau des gens que j'aime.  Il y a aussi la théorie, fort répandue parmis certains marcheurs, que les champs de fleurs et d'herbes qui bordent notre route ne sont en fait que des leurres, des illusions et, qu'en fait, il n'y a rien de part et d'autres du chemin.  Cela me fait alors encore plus réfléchir ...

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